Question de Benoit DREZE à E. TILLIEUX, ministre de l’Emploi et de la formation sur « la participation wallonne à l’appel à projets européens « Mobility for apprenties » »

Posté le 09.06.2017

03/05/2017 – Question écrite de Benoit DREZE

Lors de la séance de Commission du 14 février dernier, j’avais interrogé Madame la Ministre au sujet d’un projet ambitieux d’« Erasmus du professionnel et de l’alternance », que la Commissaire européenne s’emploie à promouvoir.

Je venais d’entendre parler de cette initiative, qui me semble particulièrement heureuse et pertinente.

Nous mesurons l’intérêt d’un séjour prolongé à l’étranger pour les jeunes diplômés de niveau supérieur ou universitaire dans la cadre du programme Erasmus, ou encore d’une « seconde rhéto » soutenue par notre Plan Langues.

La perspective d’un Erasmus destiné à promouvoir au niveau européen la mobilité des apprenants des filières professionnalisantes offre certainement des perspectives très prometteuses. C’est une conviction que je partage avec mon ami Claude Rollin, qui défend cette belle cause au Parlement européen.

J’aime penser que la Wallonie aura à cœur de s’investir pleinement dans ce beau projet. À cet égard, un appel à projets baptisé « Mobility for apprentice » a été récemment lancé.

Une séance d’information avait été organisée le 22 février 2017 à Bruxelles par l’agence francophone EducationFormation Europe. Elle avait annoncé que les principaux opérateurs wallons de la formation (FOREm, IFAPME, Missions régionales) y prendraient part. L’appel devait être clôturé fin mars.

Quelle suite a-t-on donnée à cet appel européen  ? Des projets wallons ont-ils été déposés  ? Si oui, lesquels  ? De manière générale, nos gouvernements francophones comptent-ils s’investir avec détermination pour contribuer à la mise sur pied d’un « Erasmus Pro »  ?

 

Réponse de la ministre E. TILLIEUX

Comme annoncé en février de cette année, dans le cadre de ce nouvel appel à projets lancé par la Commissaire européenne, Marianne Thyssen, intitulé « Mobility for apprentice », j’ai sensibilisé les principaux opérateurs de la formation, à savoir, le FOREm, l’IFAPME et leurs partenaires de l’insertion socioprofessionnelle et les ai informés de la séance d’information organisée par l’Agence Education Formation Europe.

J’ai programmé de les rencontrer afin de déterminer les obstacles qui les ont conduits à ne déposer aucun dossier dans le cadre de ce 1er appel à projets alors que les opérateurs wallons de la formation sont souvent très réactifs par rapport aux appels à projets européens.

Par ailleurs, quand nous aurons un retour de la Commission sur les dossiers déposés, je serai très attentive aux évaluations qui en seront faites afin d’identifier, avec les opérateurs wallons comment les utiliser dans la perspective d’un nouvel appel à projets. Je suis, en effet, particulièrement sensible aux opportunités de soutenir la mobilité des travailleurs et des jeunes.

C’est la raison pour laquelle j’ai fait de l’apprentissage des langues tant nationales qu’étrangères une mesure prioritaire de l’Axe 1 du Plan Marshall 4.0.

Les jeunes qui veulent vivre une expérience structurante à l’étranger peuvent en effet trouver une solution et une aide dans le cadre du « Plan langue ».

Plusieurs programmes, gérés par le FOREm, y sont mis en œuvre pour permettre aux jeunes, aux demandeurs d’emploi et aux formateurs d’obtenir une bourse pour effectuer un stage dans une école de langues et/ou dans une entreprise installée soit en Flandre ou en Communauté germanophone, soit à l’étranger dans un pays anglophone, à savoir en Grande-Bretagne, en Irlande et à Malte, mais aussi dans les pays émergents « BRIC » (Brésil, Russie, Inde, Chine).

Il ressort, de manière générale, pour l’ensemble des stages en immersion en entreprises, toutes destinations confondues, que les stagiaires sont très satisfaits de l’expérience acquise. Lors des entretiens d’évaluation post-stage, les principaux éléments évoqués sont :

– la meilleure connaissance de la culture d’entreprise du pays ;

– un intérêt à poursuivre l’approfondissement de la maîtrise de la langue cible.

Dans de nombreux cas, l’immersion conduit à la conclusion d’un contrat de travail, en ce compris, parfois, dans le pays d’accueil.

Le plus souvent, au sein d’une entreprise active en Wallonie et liée à la maison mère située dans le pays où le stage a été effectué ou en relations commerciales avec elle.

Le succès des bourses est appréciable, mais, davantage encore, les nombreuses opportunités créées par ces stages d’immersion linguistiques permettent véritablement aux bénéficiaires de mettre en pratique leurs acquis linguistiques dans un environnement professionnel.

C’est une expérience humaine unique qui est souvent valorisée et appréciée dans la suite du parcours professionnel.

Le FOREm et l’IFAPME sont également engagés, au niveau de la Grande Région, dans une coopération en matière de formation professionnelle qui permettra le développement d’actions d’échanges de stagiaires de la formation et de l’alternance.

Ces actions, comme d’autres, soutenues au niveau des fonds européens, participent à la dynamique du Plan Marshall 4.0 qui soutient la mobilité des apprenants et des formateurs.