Question écrite de M. Benoit DREZE à M. Jean-Claude MARCOURT, ministre de l’Economie sur « le rachat de la Grand-Poste de Liège par Meusinvest »

Posté le 13.02.2017

24/01/2017 – Benoit DREZE

La presse faisait écho du rachat par Meusinvest de la Grand Poste de Liège pour y développer un vaste projet pour les start-up et y implanter plusieurs incubateurs.

Monsieur le Ministre confirme-t-il cette information ?

Quel délai envisage-t-on pour le lancement des travaux ?

A-t-on déjà évalué le temps que cela prendra ? Peut-il détailler le projet qui y sera développé ?

On parle de « plusieurs incubateurs » qui y seront développés.

Combien d’incubateurs compte-t-on y développer ? Viseront-ils des domaines spécifiques ?

Outre les incubateurs, quels outils destinés aux start-up y seront-ils présents ?

 

Réponse de M. MARCOURT, ministre de l’Economie, de l’Industrie, de l’Innovation et du Numérique

Je me permets tout d’abord de rappeler à l’honorable membre mon attachement au concept de reconstruction de la ville sur la ville.

Dans cette perspective, je ne peux que me réjouir d’une initiative qui rend vie à un bâtiment emblématique d’une cité qui nous est chère à tous deux. Meusinvest a donc bien racheté les parts du promoteur propriétaire de cet édifice néogothique de la fin du 19e siècle qui a marqué de son empreinte tout un quartier.

La volonté de Meusinvest est d’inscrire ce bâtiment dans la continuité du quartier numérique et du district créatif qui a vu le jour Place Saint-Étienne avec l’installation de Leansquare, IdCampus, du relab-fablab et de Plug-R le hub créatif de Liège.

Les permis existent déjà, les travaux de rénovation de la Grand-Poste devraient donc pouvoir débuter dans le courant du premier trimestre 2017. Ceux-ci devraient durer deux ans, mais en fonction du phasage des travaux, la volonté de Meusinvest est de pouvoir déjà occuper le rez-de-chaussée du bâtiment dans le courant 2018.

Le projet est de faire de la Grand-Poste un incubateur à destination internationale en y associant des partenaires structurants. Des discussions sont actuellement en cours avec différents partenaires, dont l’ULg. L’Université devrait, par exemple, y installer son département de communication, mais aussi différents studios pour y développer les cours pratiques de la section communication.

Ce volet doit encore être confirmé de manière officielle par les instances de l’ULg. À ce projet devraient s’ajouter trois incubateurs de startup.

D’une part, des négociations ont lieu actuellement avec un incubateur d’étudiants-entrepreneurs. L’ULg a également fait savoir qu’elle envisageait d’y développer un incubateur lié aux métiers de la communication.

Un projet qui lui aussi doit être confirmé par les instances de l’Université.

De son côté, Meusinvest devrait y installer sa filiale Leansquare qui est en plein développement avec une vingtaine de start-up déjà financées pour un montant global de 10 millions d’euros levés depuis sa création en 2014 et qui ne cesse de grandir.

Une croissance qui rend nécessaire cette migration vers la Grande-Poste.

L’incubateur culturel sur lequel travaille Meusinvest avec une série de partenaires devrait lui aussi trouver place dans ce bâtiment.

Comme on peut le constater, l’objectif est de regrouper l’ensemble de ces « outils » au sein d’un même espace et ainsi transformer ce vénérable bâtiment en une véritable ruche où collaborent, échangent, travaillent et co-créent les utilisateurs de ces différents incubateurs afin de créer de la valeur et de développer de nouvelles activités économiques en plein cœur de ville. Mais la réflexion ne s’arrête pas là.

Un espace de coworking sera également développé. Il est destiné précisément aux start-up et plus largement aux sociétés appréciant ce mode de travail collaboratif en pleine expansion.

Des contacts sont en cours avec la Co.Station Bruxelles qui voit dans ce projet de la Grande-Poste une opportunité d’extension de leurs activités. Ce volet coworking est très important pour assurer la cohérence globale du projet.

En effet, il complètera l’offre faite aux start-up en termes de soutien logistique et de service. Enfin, ce projet veut s’ouvrir aussi directement sur la cité et ses habitants.

Ainsi, un marché couvert devrait également trouver place au sein du bâtiment. Un marché qui ferait la part belle aux produits locaux en circuit court ainsi qu’à une micro-brasserie. L’objectif étant de développer une activité commerciale pour que cet endroit emblématique devienne un véritable lieu de vie où l’on travaille, certes, mais aussi où la convivialité a toute sa place.

Comme on peut le constater, un projet ambitieux qui allie passé et avenir, renouveau et ambition, nouvelles technologies et tradition dont j’espère qu’il essaimera.